Bitcoin
KLEAR3 ResearchPublié le 2026-08-25Mis à jour le
Bitcoin, le premier registre qui fonctionne sans entreprise pour l’émettre, publie son code depuis décembre 2010. Son offre n’est pas plafonnée à 21 millions : le maximum réellement programmé est de 20 999 999,977, parce que chaque division arrondit au satoshi inférieur et que le reste n’est jamais créé.
Que fait Bitcoin, concrètement ?
Bitcoin est un registre partagé que personne ne possède. N’importe qui peut y inscrire un paiement, et aucune entreprise ne peut en refuser un, geler un compte ou changer les règles seule. Ce qui rend ça possible : des milliers de machines gardent la même copie et se mettent d’accord en dépensant de l’électricité.
Le mot registre compte plus que le mot monnaie. Bitcoin ne range pas des objets dans votre portefeuille, il tient une liste de mouvements que chacun peut recalculer depuis le premier. Un solde n’est pas un nombre écrit quelque part, c’est ce que la liste donne une fois additionnée.
L’électricité est la partie que tout le monde trouve absurde, et c’est celle qui fait le travail. Ajouter un bloc suppose de trouver un nombre dont l’empreinte commence par assez de zéros, avec SHA-256. Il n’existe aucun raccourci, il faut essayer. Réécrire le passé imposerait de refaire tous ces essais, plus vite que l’ensemble du réseau.
Le coût n’est donc pas un défaut à optimiser. C’est le verrou. Qui veut changer le passé doit acheter plus d’électricité que le reste du monde, et continuer de l’acheter.
Ce choix sépare Bitcoin de tous les autres du classement. Ethereum a cessé de dépenser de l’électricité en 2022 et se protège avec des dépôts. Aucun des deux n’est une version dégradée de l’autre : ils paient la même garantie dans une monnaie différente.
Source CoinGecko https://api.coingecko.com/api/v3/coins/bitcoin, lu le 2026-08-25
Le code est-il vraiment ouvert ?
Oui, et de façon rare. Le code est public depuis décembre 2010 sous licence MIT, l’une des plus permissives : chacun peut le lire, le réutiliser, vendre un produit bâti dessus. Soixante-huit versions ont été publiées. Rien ici n’oblige à faire confiance à quiconque.
La distinction qui piège le plus de lecteurs sépare le code publié du code ouvert. Beaucoup de projets publient leurs contrats sans accorder à personne le droit de les réutiliser. Bitcoin l’accorde, par écrit, depuis le début.
La comparaison avec l’autre bout du classement est parlante. Hyperliquid ne publie aucune source de son protocole : son dépôt de nœud contient un Dockerfile et une clé de signature. Entre les deux se trouve Tether, dont le contrat n’a pas de dépôt pendant que l’entreprise qui l’émet en tient cent cinquante autres.
Rien de tout cela ne dit que Bitcoin est sûr. Une licence ouverte veut dire que des tiers peuvent regarder, pas que quelqu’un l’ait fait. Ce qui amène la partie inconfortable de cette page.
Source GitHub https://api.github.com/repos/bitcoin/bitcoin, lu le 2026-08-25
Aucun cabinet n’a audité ce code, et aucun n’est listé nulle part. Ce n’est pas un oubli. Bitcoin n’a jamais eu d’entreprise pour en commander un, et son modèle de revue est l’inverse : chaque changement passe par une proposition publique, discutée au grand jour, aussi longtemps qu’il le faut.
Ce qui protège ce code n’est pas un rapport daté. C’est quinze ans de fonctionnement avec de l’argent dessus, pendant lesquels n’importe qui pouvait chercher une faille et en encaisser le produit. C’est une preuve d’un autre genre, et notre note la compte pour zéro, parce qu’elle ne note pas la sécurité.
Source GitHub, lu le 2026-08-25
Quelqu’un y travaille-t-il encore ?
Plus que sur tous les autres du classement sauf un. Le dépôt a reçu 1 192 commits de 19 identités Git distinctes sur les 90 jours au 25 août 2026. Le dernier est arrivé le jour de notre lecture. Un projet de cet âge est d’ordinaire réputé terminé.
Le chiffre mérite qu’on s’y arrête, parce que l’intuition dit le contraire. Bitcoin est le plus ancien du classement, et il est quatre fois plus actif que le client principal d’Ethereum, qui a reçu 255 commits sur la même fenêtre. L’âge et l’activité ne sont pas le même axe.
Une réserve vaut pour tous les comptes de ce site. Quatre-vingt-dix jours, c’est une fenêtre qui glisse toute seule : la même mesure prise la semaine prochaine différera sans que rien ne se soit passé. D’où les deux dates qui voyagent avec le chiffre partout où il apparaît.
Nous avons aussi compté des identités Git, pas des personnes. Une même personne en signe souvent deux, et une entreprise peut se cacher derrière une seule. Dix-neuf identités est un plancher, pas un effectif.
Source GitHub https://api.github.com/repos/bitcoin/bitcoin/commits?since=2026-05-27T00:00:00Z&per_page=1, lu le 2026-08-25
- Le réseau Bitcoin démarre
- Le dépôt devient public sur GitHub
Où ça tourne vraiment
Sur un seul réseau, le sien, et nous avons vérifié qu’il répond. Un nœud public a renvoyé le bloc 964 047 le 25 août 2026. Bitcoin est le seul du classement à vivre sur une chaîne unique et à n’avoir jamais été émis ailleurs.
Ça paraît banal jusqu’à ce qu’on compare avec le reste de la liste. Tether existe en onze contrats distincts sur onze chaînes, et l’USDC en trente-quatre. Envoyer l’un ou l’autre sur le mauvais réseau le perd. Avec Bitcoin, il n’y a pas de mauvais réseau à choisir.
Des versions emballées circulent ailleurs, émises par des tiers. Ce sont des créances sur du bitcoin détenu par quelqu’un, pas du bitcoin, et cette page ne les couvre pas.
Source mempool.space https://mempool.space/api/blocks/tip/height, lu le 2026-08-25
Réseau vérifié en lisant sa hauteur de bloc courante sur un nœud public.
À quoi sert la pièce
Elle paie l’espace dans un bloc, et elle paie le mineur qui ajoute ce bloc. Il n’y a ni trésorerie d’entreprise, ni allocation d’équipe, ni calendrier de déverrouillage, parce que personne ne l’a émise. Les pièces neuves n’apparaissent qu’en récompense de minage.
Le calendrier est toute l’économie, et il tient en trois lignes de code. Un bloc paie 50 pièces, cette récompense est divisée par deux tous les 210 000 blocs, et la division se fait par décalage de bits, pas par une division. Les entiers n’ont pas de fractions : chaque division jette donc le satoshi impair.
Additionnez toute la série et vous obtenez 20 999 999,977 pièces, soit 0,0231 de moins que le chiffre rond que tout le monde répète. La récompense atteint zéro à la 33e division ; le code, lui, garde explicitement à 64, parce qu’au-delà le décalage serait indéfini.
Les frais sont l’autre moitié. Qui envoie une transaction enchérit en satoshis par octet virtuel, et le mineur encaisse l’enchère. À mesure que la récompense fond, ce sont les frais qui paieront la sécurité. Savoir s’ils suffiront est la question ouverte du siècle à venir, et personne ne l’a mesurée puisque ça n’a pas eu lieu.
- À quoi sert le jetonVérifié directement
- Combien il en existeVérifié directement
- Comment les neufs apparaissentVérifié directement
- Qui les a reçusVérifié directement
- Qui peut changer les règlesVérifié directement
Note KLEAR3
- Code ouvert5
dépôt public · licence MIT · 68 versions publiées · 1192 commits sur 90 jours
- Audits3
revue publique du code : 1192 commits sur 90 jours, 15 ans en production
Ce qui la retient aucun rapport dans notre registre · aucun rapport ouvert : on ne sait pas ce qu’ils ont trouvé
- Modèle économique5
modèle publié par le protocole · payé par celui qui envoie la transaction · encaissé par le mineur qui produit le bloc · intégralement au mineur, rien n’est détruit
- Gouvernance5
décision par bip-process, sans vote · 210 propositions d’évolution publiées · processus ouvert depuis 12 ans
- Alignement du jeton5
offre plafonnée à 21 millions · 96 % déjà en circulation · calendrier d’émission publié · aucune allocation initiale : tout passe par la récompense de bloc
- Maturité5
15 ans de code public · 1 réseau vérifié par nous
On note le protocole : sa construction, ce qui s’en vérifie, l’alignement de son jeton. Jamais un investissement. Une note haute ne dit pas d’acheter, une note basse ne dit pas de vendre.
Ce que nous n’avons pas pu établir
Trois choses, et ce sont celles qu’un lecteur doit peser. Nous n’avons ouvert aucun rapport d’audit, faute qu’il en existe. Nous n’avons pas compté les détenteurs. Et le chiffre de circulation vient d’un tiers, que nous n’avons pas revérifié sur la chaîne.
L’offre en circulation de 20 075 100 vient d’un agrégateur. C’est aussi un plafond plutôt qu’un inventaire : les pièces dont les clés sont perdues restent comptées, et personne ne sait lesquelles. Les estimations de ce qui a disparu varient de plusieurs millions, nous n’en publions donc aucune.
Notre note donne zéro à Bitcoin sur l’axe des audits. À lire pour ce que c’est, une absence de rapports, pas un constat contre le code.
Questions fréquentes
Y a-t-il vraiment une limite de 21 millions de bitcoins ?
Non. Le nombre écrit dans le code n’est pas un total, et le total qu’il produit est le chiffre par lequel cette page s’ouvre. Aucune ligne ne dit 21 millions : ce chiffre est l’arrondi d’une somme que personne n’a écrite.
Ce que le code contient, c’est une récompense de 50 pièces par bloc qui se divise par décalage de bits tous les 210 000 blocs. Un décalage sur des entiers ne peut pas produire de fraction : chaque division abandonne donc le satoshi impair pour de bon.
Additionnez les 33 divisions qui produisent quelque chose et la série s’arrête 0,023 pièce sous le chiffre rond. L’écart ne vaut rien en argent et dit tout de la méthode : le chiffre le plus répété du secteur est l’approximation de quelque chose que le protocole n’énonce jamais.
Si personne n’a audité le code, pourquoi serait-il sûr ?
Il ne l’est peut-être pas. Ce qu’on peut dire est plus étroit et plus utile : ce code tourne depuis plus de quinze ans avec de grosses sommes exposées, sous une licence qui autorise chacun à regarder, et aucun cabinet n’a jamais été payé pour le relire.
Un audit est une photographie datée. Il dit ce qu’une équipe a trouvé dans le code tel qu’il était cette semaine-là, et ne dit rien de chaque ligne écrite depuis. Plusieurs projets de ce classement détiennent des rapports arrêtés depuis des années.
Ce que Bitcoin a à la place, c’est du temps sous pression : quinze ans pendant lesquels trouver une faille payait mieux que la signaler. C’est une preuve d’un certain genre, et ce n’est pas la même chose qu’une garantie. Notre note lui met zéro parce qu’elle mesure des rapports, pas de la survie.
Pourquoi le minage doit-il gaspiller autant d’électricité ?
Parce que l’électricité est ce qui rend la réécriture du passé coûteuse. Retirez le coût et n’importe qui pourrait reconstruire l’historique à bas prix. L’énergie n’est pas un effet secondaire du dispositif, c’est la chose achetée.
Chaque bloc se trouve en essayant des nombres jusqu’à ce que l’un produise une empreinte commençant par assez de zéros. Il n’existe pas de voie astucieuse, seulement du volume, et c’est pour ça que le travail ne peut être ni feint ni raccourci.
Défaire un vieux bloc suppose de refaire tout ce travail, et de dépasser tous ceux qui continuent d’allonger la chaîne. Plus un paiement est profond, plus l’effacer coûterait cher. Solana achète la même garantie avec des dépôts plutôt qu’avec de l’électricité, ce qui coûte moins d’énergie et met autre chose en jeu.
À lire aussi : notre fiche XRP montre une chaîne dont un tiers de l’offre est émis sans circuler, et notre fiche Figure HELOC montre l’entrée du classement qui n’est pas une monnaie.
Demandez à un assistant de la résumer et de vérifier ce qu’elle avance.