Tether
KLEAR3 ResearchPublié le 2026-08-25Mis à jour le
Tether, le jeton censé valoir un dollar, est la troisième capitalisation du secteur et le seul des dix dont le contrat n’a aucun dépôt de code public. Nous en avons mesuré 88 306 390 736 sur Ethereum, soit moins de la moitié de ce qui est annoncé en circulation.
Que fait Tether, concrètement ?
Tether est une promesse, écrite sous forme de jeton. Une entreprise l’émet, affirme que chaque unité est adossée à un dollar d’actifs, et le reprend quand quelqu’un demande le remboursement. C’est pour ça qu’il circule comme un dollar sur des réseaux qui n’en ont pas.
Il existe parce qu’une chaîne ne peut pas tenir de compte bancaire. Qui veut sortir d’une position volatile sans sortir du réseau a besoin de quelque chose de stable, et Tether est la réponse la plus ancienne et la plus grosse. Presque toutes les places de marché libellent leurs cours dedans.
La structure mérite d’être dite franchement, parce qu’elle est l’inverse d’ un réseau sans aucun émetteur. Ici il y a une entreprise, une liste d’adresses qu’elle contrôle, et une promesse de remboursement qu’elle seule peut honorer. Rien dans le code ne fait tenir le dollar : le code déplace des jetons, la promesse fait le reste.
Ce n’est pas un reproche, c’est le dispositif. Mais ça veut dire que les bonnes questions portent sur l’émetteur, pas sur la chaîne : ce qui garantit, qui l’a vérifié, et ce qui arrive si beaucoup de détenteurs demandent le remboursement en même temps.
Source CoinGecko https://api.coingecko.com/api/v3/coins/tether, lu le 2026-08-25
Le code est-il vraiment ouvert ?
Il n’existe aucun dépôt pour le contrat. L’agrégateur n’en liste aucun, et une recherche dans l’organisation GitHub de l’émetteur, qui porte 150 dépôts publics, ne rend que des modules de portefeuille. Le seul code lisible est le bytecode déployé, ce qui exclut toute relecture indépendante.
La nuance compte, parce que la version évidente de cette phrase est fausse. Ce n’est pas que l’entreprise ne publie rien : elle publie cent cinquante dépôts, dont aucun n’est le jeton. C’est donc un choix sur quel code est public, pas une entreprise qui fuit GitHub.
Ce qui reste lisible, c’est le contrat déployé lui-même. Nous avons mesuré 11 075 octets de bytecode à l’adresse sur Ethereum. Le bytecode est de l’instruction machine, pas du source : il prouve que quelque chose est déployé et se laisse inspecter par des spécialistes, et ce n’est pas ce que quiconque appelle du code ouvert.
Le contraste à l’intérieur de ce classement est direct. L’autre gros jeton dollar publie son contrat sous licence ouverte. Même produit, même promesse, réponse opposée sur cette question.
Source CoinGecko + GitHub API https://api.github.com/search/repositories?q=org:tetherto+usdt+OR+stablecoin+OR+token, lu le 2026-08-25
Aucun rapport d’audit n’existe à ouvrir, pour la raison simple qu’aucun code n’est publié pour être audité. L’entreprise publie en revanche une page de transparence, qui a répondu quand nous l’avons demandée. Nous n’avons pas lu ce qu’elle contient, donc cette page ne dit rien des réserves au-delà du fait que la page existe.
Source Non instruit, lu le 2026-08-25
Quelqu’un y travaille-t-il encore ?
La question ne s’applique pas comme ailleurs sur ce site. Sans dépôt pour le contrat, il n’y a pas d’historique de commits à compter. Un contrat de jeton déployé n’est d’ailleurs pas quelque chose qu’on réécrit : il s’émet et se rembourse, il ne se livre pas.
Il vaut mieux le dire que de laisser un champ vide. Notre note donne zéro à Tether sur l’axe du code, et ce zéro mesure une absence de code publié, pas un projet abandonné. Le jeton est plus utilisé que n’importe quoi d’autre dans ce classement.
Là où l’activité compterait, c’est du côté de l’émetteur : attestations, remboursements, relations bancaires. Rien de tout ça ne vit dans un dépôt, et rien de tout ça n’a été mesuré ici.
Source CoinGecko + GitHub API https://api.github.com/search/repositories?q=org:tetherto+usdt+OR+stablecoin+OR+token, lu le 2026-08-25
- Nous lisons le contrat sur la chaîne
Où ça tourne vraiment
Sur onze chaînes, sous forme de onze contrats distincts. Nous avons mesuré celui d’Ethereum directement et y avons trouvé moins de la moitié du montant annoncé en circulation. Le reste est ailleurs, et un envoi sur le mauvais réseau détruit le transfert.
C’est le malentendu le plus coûteux pour un débutant, alors autant être direct. « Envoyer du Tether » n’existe pas. Il existe d’envoyer du Tether sur un réseau précis, vers une adresse de ce réseau, et le jeton du même nom sur une autre chaîne est un contrat entièrement différent.
La mesure rend l’échelle concrète : 88 306 390 736 sur Ethereum contre 183 230 580 044 annoncés en circulation. Un peu moins de la moitié. L’autre moitié circule sur des chaînes dont TRON, qui en porte une part importante.
Source ethereum-rpc.publicnode.com https://ethereum-rpc.publicnode.com — eth_call totalSupply(), lu le 2026-08-25
Contrat Ethereum lu directement sur un nœud public : offre totale et bytecode déployé, au bloc cité. Les dix autres chaînes viennent de l’agrégateur et n’ont pas été lues par nous.
À quoi sert le jeton
Il tient un dollar de valeur sur un réseau qui n’en a pas. Il ne verse aucun rendement, ne donne aucun vote et ne porte aucun droit au-delà de la promesse de remboursement. L’offre n’a pas de plafond : elle monte quand l’émetteur émet, baisse quand il rembourse.
L’absence de plafond est une vraie différence avec le reste du classement, et elle découle de ce qu’est le jeton. Une promesse de tenir un dollar ne peut pas avoir de maximum sans refuser de nouveaux clients. Le chiffre à surveiller n’est pas un plafond, c’est ce qui se tient derrière l’encours.
Ce chiffre-là n’a pas été établi ici. La page de transparence répond, nous ne l’avons pas ouverte, et cette page ne décrira pas des réserves qu’elle n’a pas lues. C’est la question qui vaut plus que tout le reste de cette fiche, et c’est celle que nous laissons ouverte.
- À quoi sert le jetonVérifié directement
- Combien il en existeVérifié directement
- Quel contrat est l’officielVérifié directement
- Comment les neufs apparaissentNon établi
- Qui peut changer les règlesNon établi
Note KLEAR3
On ne note que ce qu’on a mesuré. Sur ce projet, trop peu d’axes reposent sur un fait sourcé : aucune note globale n’en sort. Un chiffre calculé sur des trous se lirait comme un verdict sur le protocole, alors qu’il porterait sur notre propre travail de recherche.
Rien de mesuré à ce jour sur Code ouvert · Modèle économique
- Code ouvertnon mesuré
Ce qui la retient aucun dépôt public établi · licence non résolue : lisible mais pas réutilisable · aucune version publiée · aucune activité sur 90 jours
- Audits0
absence cherchée : 20 index de cabinets parcourus, 3 573 rapports, aucun commandé par le projet
Ce qui la retient aucun rapport dans notre registre · aucun rapport ouvert : on ne sait pas ce qu’ils ont trouvé
- Modèle économiquenon mesuré
Ce qui la retient modèle économique non établi à une source primaire
- Gouvernance2
décision par decision-de-l-emetteur, sans vote
Ce qui la retient aucun processus public de propositions parmi ses 1 dépôts ouverts
- Alignement du jeton1
offre mesurée, sans plafond : rien ne borne l’émission · part en circulation connue
Ce qui la retient calendrier d’émission inconnu
- Maturité3
1 réseau vérifié par nous · 11 réseaux au total
Ce qui la retient date de mise en ligne du code inconnue
On note le protocole : sa construction, ce qui s’en vérifie, l’alignement de son jeton. Jamais un investissement. Une note haute ne dit pas d’acheter, une note basse ne dit pas de vendre.
Ce que nous n’avons pas pu établir
Les réserves, et tout ce qui en découle. Nous avons confirmé que la page de transparence répond, et nous ne l’avons pas lue. Nous n’avons pas non plus mesuré les dix contrats hors Ethereum, dont les montants viennent ici de l’agrégateur.
Le nommer est plus utile que de le remplir mal. Qui décide de détenir du Tether décide sur les réserves, donc une page qui les devinerait serait pire qu’une page qui avoue le trou. Ce que nous pouvons dire est ce que nous avons lu : le contrat existe, porte du bytecode, et annonce le montant cité plus haut au bloc cité plus haut.
Questions fréquentes
Tether est-il vraiment adossé à des dollars ?
Nous ne l’avons pas établi, et nous ne répéterons pas ce que nous n’avons pas lu. L’émetteur publie une page de transparence, qui a répondu quand nous l’avons demandée. Son contenu n’a pas été ouvert dans cette campagne.
Ce qui rend la question difficile, c’est que la réponse ne se lit pas sur la chaîne. Le contrat prouve combien de jetons existent, il ne prouve rien de ce qui se tient derrière. Ce sont deux mesures différentes, et seule la première est à la portée de quiconque a un nœud.
Un lecteur qui veut un avis là-dessus a besoin des attestations elles-mêmes : qui les a produites, à quelle date, sur quel périmètre, et selon quelle norme. C’est un vrai travail, et il ne se fait pas en regardant un solde de jetons.
Pourquoi Tether n’a-t-il aucun dépôt de code public ?
Nous pouvons rapporter le fait, pas la raison. L’agrégateur ne liste aucun dépôt, et une recherche dans l’organisation GitHub de l’émetteur, qui porte 150 dépôts publics, ne rend que des modules de portefeuille et des ponts.
La distinction compte parce que la version courte induit en erreur. Ce n’est pas une entreprise absente de GitHub, c’est une entreprise qui publie beaucoup et pas ça. Le bytecode déployé reste lisible sur la chaîne, ce qui n’est pas la même chose que du code source.
À titre de comparaison dans ce même classement, le deuxième jeton dollar publie son contrat sous licence ouverte, avec des versions numérotées. Même usage, même promesse, et une réponse différente à la question de qui peut lire le code. Cela ne dit rien des réserves des deux. Cela dit tout de ce qu’un lecteur peut vérifier seul.
Tether est-il sur un réseau ou sur plusieurs ?
Onze, chacun avec sa propre adresse de contrat. Autrement dit, le jeton que vous détenez est défini par le réseau sur lequel il se trouve, et un transfert vers une adresse d’une autre chaîne n’arrive pas.
Nous avons mesuré nous-mêmes le contrat Ethereum et y avons trouvé moins de la moitié du montant annoncé en circulation. Le reste est sur des chaînes que l’agrégateur liste et que nous n’avons pas lues.
La règle pratique tient en une phrase : vérifier le réseau avant l’adresse. Les places de marché l’affichent, les portefeuilles l’affichent, et c’est cette mention qui décide si l’argent arrive. C’est le champ que tout le monde survole, et le seul sans rattrapage quand il est faux. Le symbole, lui, ne prévient de rien : il est identique partout.
À lire aussi : notre fiche Ethereum explique le réseau sur lequel la plus grosse part se trouve, et notre fiche Figure HELOC montre une autre façon de poser une créance du monde réel sur une chaîne.
Demandez à un assistant de la résumer et de vérifier ce qu’elle avance.